Découverte d'une éolienne par l'intérieur
"Après tous les accords du chef de chantier, trois pages de formulaires de décharges signées, le moment venu de monter dans la nacelle arrive.
Pour moi, pas question de monter par l'ascenseur, mais par les barreaux de l'échelle. Donc après s'être équipés d'un casque, d'une paire de gants et d'un harnais pour la sécurité, nous passons la porte d'entrée. Moment d'émotion ; J'engage une sorte de mousqueton dans une glissière qui longe l'échelle de 308 barreaux de 28 cm. D'en bas, un grand tube et cette échelle qui semble interminable, deux paliers au cas où, pour se reposer.
Puis c'est la montée.... suivant mon sympathique guide, nos systèmes de sécurité provoquant un bruit sourd et léger tous les 10 cm. Si on vient à glisser, on est retenu automatiquement dans le vide.
Il fait chaud, les gouttes de sueur coulent, à deux reprises mon instructeur me fait reposer aux endroits prévus où l'on a des points d'ancrage où l'on met obligatoirement nos deux longes. Je ne suis pas entrainé, donc sécurité oblige, je monte doucement mais sûrement. Il en profite pour me glisser à l'oreille que les habitués qui montent l'éolienne mettent entre une minute trente et deux minutes maxi, et que dans une journée ils peuvent le faire une quarantaine de fois. Mais chaque année ils font une visite médicale avec échographie du coeur et test d'effort de quarante minutes.
Enfin c'est le sommet, on passe une sorte de lucarne, et le vide disparaît, nous voilà dans la nacelle, sorte de contrôle de machine, des boutons, un téléphone, des câbles soigneusement rangés. C'est magnifique. Une explication complète, l'ouverture d'une trappe et c'est le vide à 85 m sous mes pieds, puis la montée sur le toit de l'éolienne. Le capot ouvert, les longes bien arnachées et une vue inimaginable... dommage, c'est le soir, brumeux, couvert mais c'est beau. Je reste là un moment, je mitraille avec mon numérique tout ce qui m'entoure.
Puis c'est la descente d'un coup d'un seul, bras tendus sinon on est bloqués en permanence par les systèmes de sécurité. 308 marches pour le retour sur le plancher des vaches.
Féérique, inoubliable... un grand merci au chef de chantier."
Thierry Guillot |